Maintenant que les présentations sont complètes, la discussion porte sur le voyage à venir. La région que vous allez traverser en remontant la Grinvolte n’est pas réputée pour son hospitalité. Si la plage où vous vous trouvez est raisonnablement dégagée (peut-être le signe qu’elle est régulièrement balayée par de violentes tempêtes), seule une dense forêt de feuillus se distingue en surplomb. Vous discutez des rumeurs que vous aviez entendues dans le bateau à propos des bois bavards : les habitants des bois, qu’on nomme fort pratiquement les Grinvolts, s’amasseraient en petites communautés à l’intérieur de cercles de pierres dressées, vénérant la forêt avec une superstition farouche. Les habitants de Ottlecop, cependant, sont réputés accueillants et civilisés. Vous espérez trouver le village à deux jours de navigation en amont, le long de la rivière.
Pour le moment, vous avez assez de pain de route, de viande séchée et de noix pour voyager jusqu’à Ottlecop, aussi ne sera-t-il pas nécessaire de fourrager pour vous nourrir. Mais un peu de pèche et de glanage n’a jamais fait de mal à personne, aussi certains d’entre-vous souhaiteront-ils mettre à profit leurs ressources pour subvenir aux besoins de la troupe.
Au milieu de la nuit, il devient évident pour Galgor (de garde à ce moment là) que les vents forcissent et les vagues apportent la mer de plus en plus près de la côte. Vous êtes pour le moment allongés autour des cendres du feu de bois flotté, au pied d’une petite falaise de pierre calcaire qui marque la fin de la plage et le début des bois. Vous êtes protégés des vents par la longue barque à rames qui doit vous mener jusqu’à Ottlecop. Galgor, vas-tu laisser des compagnons tranquilles jusqu’à la fin de la nuit malgré la montée de la mer ? Vas-tu leur proposer de gravir les cinq mètres de falaise pour se mettre à l’abri dans les bois ? Ou peut-être de remonter de quelques encablures dans la baie, pour être à l’abri à l’intérieur des terres ?
