Eh bien ! Il était temps. Ce n’est pas une tempête : c’est la grand-mère de toutes. L’obscurité est déchirée par une multitude d’éclairs et un mascaret gigantesque nous entraîne vers l’intérieur des terres. Un bateau plus grand aurait été mis en pièces mais nous chevauchons la vague avec bonheur. A cette allure, nous ne mettrons pas deux jours à rejoindre Ottlecop.
Et nous ne sommes pas seuls : des créatures semblent profiter de la vague pour remonter la Grinvolt : nous apercevons des nageoires, des ailerons, des tentacules fluorescents à la lueur de la foudre. D’autres choses inertes sont entrainées par la colère de la mer qui cherche à se débarrasser des épaves qu’elle recelait. Des espars, filets et cordages nous escortent. J’espère que le navire qui nous a déposé a réussi à s’éloigner à temps.
Ladro, tentant de pêcher, vient de réussir à crocher un coffre qui flottait non loin de notre barque.
