Rassurée par les bonnes manières de l’elfe, et visiblement peu effarouchée par ses oreilles pointues, la vieille grand mère cale son dos fatigué contre la paroi de terre du hall et pousse vers vous un plateau contenant des bols de céramique. Elle y verse une sorte de thé et vous invite à prendre place autour du brasero qu’elle tisonne de plus belle.
« C’est la fin du troisième Jour du Battement, ce soir. Les gens du village rentrent après avoir passé la journée dans les bois, à marteler tambours et claves, et porter haut les reliques en argent de notre cercle. C’est une chose terrible pour nous de mourir hors du cercle, et c’est hélas fréquent pour les commerçants, les camelots et les coureurs des bois. Je suis trop mal en point pour gambader dehors avec eux, mais ça me permet d’avancer sur notre tapisserie des anciens. Mais tenez, les voici ! »
Entrèrent alors dans le hall une trentaine d’hommes et de femmes rustiques, cependant vêtus d’habits de cérémonie fort ornementés. En tête marchaient deux femmes de haute stature, cheveux déliés, portant chacune haut devant elle une hache au fer aigu. Des anneaux d’argent paraient leurs lames, qui semblaient avoir vu maints combats.
Venait ensuite une procession de percussionnistes. Des gens du village baignés de sueur par l’effort qu’ils avaient fourni, à porter de grand tambours cylindriques, et à battre les peaux de chèvre distendues avec de lourdes baguettes d’os sculpté. Les anciens suivaient de près, tenant avec révérence des assiettes et coupes d’argent resplendissant. Eux aussi arboraient le grand sourire qui succède aux rituels accomplis dans l’harmonie. Enfin, en ordre dispersé, une marmaille bruyante emplit la salle commune des rires et des pleurs qui ponctuent la vie d’une communauté en bonne santé.
Rapidement, une petit foule s’assemble autour de vous, pour s’enquérir de votre histoire. Les étrangers, apprenez vous, circulent souvent dans la région pour joindre Martol au Nord et Aridenn à l’est : les tempêtes de Soont, et les spectres qui ravagent parfois les côtes, sont des motivations suffisantes pour braver les dangers des bois bavards… Si les semi-hommes sont peu nombreux dans la région (on les confond souvent avec le petit peuple de la nuit, fort variable en forme, et qui porte dans le Thrisme le nom de Ricalu), les sang-de-fée sont souvent vus, et parfois avec crainte car ils rappellent encore le joug millénaire des princes de Martoï.
Quoi qu’il en soit on vous fait bon accueil, des hommes solides portent votre embarcation à l’abri, et on vous ménage de confortables peaux de chèvre où passer la nuit, dans la salle commune. Alors que les marmites reçoivent quelques racines à bouillir, et qu’on cuit sur des pierres chaudes des galettes à base de l’écorce d’un arbre local, marmots et curieux papillonnent autour de vos paquets et du lourd coffre que vous avez prudemment conservé avec vous : ici tous les voyageurs sont un peu marchands, non ?
La vieille, délaissant son ouvrage et claudiquant jusqu’à Selmy, lui saisit le visage dans les mains et demande « tes traits ne me sont pas étrangers, homme du sud. Au cours de ma vie de chamane et guérisseuse j’ai vu passer de nombreux voyageurs, et je me souviens généralement de ceux qui sont restés quelques temps. Alors dis moi chevalier errant : quel est ton nom maintenant, et quel est ton trouble ? Et que viens tu rechercher ici après tant d’années ? »

@selmy, c’est à toi ! Quel est le nom de la vieille guérisseuse ? Que va-t-elle te proposer pour soigner ton coup de froid ? Lui parleras-tu de Bethelan le sorcier, qui avait selon la rumeur ses habitudes ici et une grotte secrète non loin ?
@selmy Si tu réponds non à la troisième question, tu sors 😀