« Alors ? Vous m’aidez et je vous aide ? Ça marche ? Vous allez par là, vous êtes sûrs ? Faites pas confiance à la carte, c’est un piège ! Revenez ! »
Vous détournant des supplications du vieux prisonnier, vous examinez la pente qui s’amorce de l’autre côté de la géode, montant vers un étroit couloir en surplomb. Avec Légèreté, Rapsody la gravit en deux appuis judicieusement placés. Mérithaé aide ensuite les deux hobbits, qui gravissent bon an mal an la pente gravillonneuse. A la surprise de la guerrière, Bogdana dédaigne son aide et grimpe seule, fichant dans les anfractuosités de la roche ses lames pour s’en servir de poignées. « Plus facile que le mât de misaine pendant un grain, j’vous l’garantis ! »
Encombré par le poids de son armure et de ses années, Selmy, quant à lui, peine. La courte échelle de Meritahé et les poignes fermes de ses compagnons, là-haut, ne sont pas de trop pour le hisser, suant, jusqu’au bord de la pente. Pendant l’ascension, de lourds amas de sable humide sont tombés du plafond, aspergeant tout.
Pendant que le vétéran s’époussette, Ladro consulte son oeil de flamme. La luminosité de la torche dans la caverne a diminué, mais il perçoit encore quelques phalènes qui tourbillonnent autour. Elles semblent de la même espèce, supposément inoffensive, que celles qui grouillaient dans la première caverne visitée par le groupe. Plus loin, haut dans le ciel de la caverne, Ladro distingue par moment un scintillement… Des étoiles ?
« Les amis ? Youhou, revenez ! Me laissez pas seul, je suis si malheureux ! Vous vous en sortirez pas sans moi, je vous le garantis ! Les sans-yeux feront qu’une bouchée de vous ! Vous tiendrez pas une heure de plus ! REVEN-AAAarGGHGH ! »
La voix du misérable se tord, puis se tait, remplacée par un halètement à peine audible. Un bruit de gorge sifflant comme le gouffre venteux d’un abîme sans fond…
Les explorateurs continuent néanmoins vers la gauche, jusqu’à ce qui devrait être la caverne numéro 5 sur la carte. En lieu de caverne, vous ne voyez que le plafond du boyau plonger vers le sol, rejoignant une dense forêt de colonnes calcaires, épaisses et humides. En ce lieu, le plafond descend progressivement en une presse claustrophobique, praticable seulement en rampant, plus ou moins confortablement suivant la corpulence de l’apprenti spéléologue. A l’entrée de cet antre sombre, sur votre gauche, une cataracte de sable dégringole de quelques mètres en un petit filet fluet, mais fluide? D’après la carte, il remonte jusqu’à la chambre plate où se trouvait le cercle rituel.
Cependant les esprits commencent à s’interroger sur le passage étroit. Qu’y a-t-il de l’autre côté ? Et qu’y a-t-il dedans ? Pour l’explorer sans risque il faudrait être petit, et cependant brave et bien armé. Ou armée.
Les regards, naturellement, se tournent vers la nouvelle arrivée…


@bogdana ?