A la lueur de la torche de Selmy, sous les réverbérations cristalines de la voute minérale, les marmonnements de Ladro ponctuent le silence de la caverne, rythmés par la vibration surnaturelle rémanant de son dernier sortilège. Il passe en revue les feuillets à la recherche de l’information qui lui manque…

Je pallie ici mon incapacité à inventer le contenu de la découverte de Ladro:

Le grimoire est rédigé dans un vélin enchanté qui ne peut être lu que sous la lumière qui a éclairé la rédaction. Je vais considérer cela comme un « sac de bouquins » d’un genre particulier :

Quand tu approches une nouvelle source de lumière du grimoire de Mapce pour y trouver l’information qui te manque, dépense une utilisation et lance 2d6+CUR :

  • Sur 10+, 2d4 pages (8 sorts, informations, lieux décrits…) ont été écrites sous cette lumière. Donne le contenu de 2 d’entre elles, le MJ te donnera le contenu des autres
  • Sur 7-9, 1d4-1 pages (minimum 0) a été écrite sous cette lumière. Le MJ t’en donnera le contenu

Le grimoire a 8 utilisations, trois ont été dépensées.

Ladro fait 8 au jet, ce qui permet d’obtenir 3 informations. Je décide que sa demande portait sur la légende de la carte, et j’en ajoute deux autres. Voir l’article suivant, la Carte de Mapce.

Pendant ce temps, le reste du groupe a rejoint Galgor dans l’inquiétante caverne. Si loin dans les entrailles de la terre, la température est basse, les échos angoissants et la pesanteur de la roche autour de vous vous oppresse. Mais peu importe, le semi-homme avide de richesses inspecte les lieux avec attention.

La caverne est toute en longueur. En face, une pente raide emmène les ruissellements de sable vers des profondeurs insondées. A la gauche du hobbit, le terrain est raisonnablement plat et semble avoir été aménagé par la main de l’homme : un cercle de roches protège quelques chandelles à moitié consumées, et des cercles ésotériques tracés au sol à l’aide de poudres colorées. C’est là que Rapsoy et Meritahé trouvent Galgor, comme frappé par la foudre par sa découverte…

En périphérie du cercle, écrasée sous un tas de roches éboulées, une main momifiée tient fermement une lame. Oui, c’est un poignard ! Une dague sacrificielle à la poignée rehaussée d’or !

C’est alors que Ladro descend, soutenu par Selmy mais heureux : « j’ai de nouvelles informations, dit-il »!

J’invite tout le monde à consulter l’article suivant, puis à écrire en commentaire ce qu’il compte faire (observer la pente qui descend, chercher des pièges, examiner le poignard, la main qui le tient, le cercle, etc). Je donnerai la main en fonction !

Le grimoire de Mapce le Kastromancien

Le grimoire est rédigé dans un vélin enchanté qui ne peut être lu que sous la lumière qui a éclairé la rédaction. Je vais considérer cela comme un « sac de bouquins » d’un genre particulier :

Quand tu approches une nouvelle source de lumière du grimoire de Mapce pour y trouver l’information qui te manque, dépense une utilisation et lance 2d6+CUR :

  • Sur 10+, 2d4 pages ont été écrites sous cette lumière. Donne le contenu de 2 d’entre elles, le MJ te donnera le contenu des autres
  • Sur 7-9, 1d4-1 pages (minimum 0) a été écrite sous cette lumière. Le MJ t’en donnera le contenu

Le grimoire a 8 utilisations à la base, dont 3 ont servi :

  1. Les sortilèges suivants peuvent être lus et utilisés à la lueur d’une lanterne, en souterrain :
  • Fil d’Arya : le sorcier crache au sol. Un filament de salive argenté se dévide de sa bouche et se grave partout où il passe, et y reste jusqu’à la prochaine pleine lune. S’il prononce une parole, le fil cesse de se dérouler et se détache du sorcier.
  • Oeil de la Flamme : le sorcier enchante une torche. Tant que celle-ci brille, le sorcier peut, simplement en fermant les yeux , voir dans son esprit tout ce qui est éclairé par la torche, même si celle-ci s’éloigne de lui.
  • Bras de Roche : le sorcier plonge son bras dans la pierre. A moins de vingt pas un bras fait de roche sort d’une paroi attenante, que le sorcier peut utiliser comme le sien (il est moins précis mais plus fort). Le sort ne dit pas ce qu’il advient du bras du sorcier si le bras de pierre est détruit….
  • Mange-cailloux : avec ce enchantement, le sorcier rend les pierres précieuses comestibles et extrêmement nutritives. Chaque tranche de 5 points de valeur représente une ration.

2. La carte suivante est visible à la réflexion du soleil à travers une chute d’eau :

3. Les notes suivantes sont visibles sous terre, à la lueur d’une torche :

  • La légende de la carte, rédigée par Mapce lors d’un passage chez son confrère :
    1. Couloir d’accès – barreaux contre les carregs
    2. cave aux échos – rituels prophétiques
    3. garde-manger
    4. salle de méditation
    5. basse caverne, humilité
    6. cercle rituel
    7. géode merveilleuse : musique et démons
    8. geôle
    9. bas reliefs : étrange monde des Carregs. Je crois que Bethelan finira par partir avec eux !
    10. 11.12.13 : danger ! Nourrir le Wyrm !

14. ils campent ici

15. l’Outreterre

  • Un croquis d’une tour Kastromantique au bord d’un lac, à trois jours de marche au nord-est des cavernes de Bethelan
  • Les racontards d’un guide des terres flétries, qui affirme avoir conduit un alchimiste jusqu’à la citée perdue de Pelaago… C’est donc possible !

Le Groupe prend donc ses aises dans la première salle qui ressemble vraiment… à une salle. La difficulté d’y accéder et son dénuement ascétique interroge cependant les plus avides de richesses parmi vous. Où sont donc passés les statues médidatives incrustées de joyaux ? Les artefacts crépitants d’énergie magique ? Vous espérez que les légendes concernant le sorcier n’étaient pas trop capillotractées. Il semble clair que Bethelan conduisait des rituels magiques ici. Il semble clair aussi que depuis son départ, d’autres personnes, ou créatures, sont passées : des traces de griffes marquent le sol et les parois, des traces de flammes sont visibles le long des murs et du plafond, et des débris épars témoignent d’une occupation par des humains : ossements d’oiseaux, cendres, rochers réagencés pour former des sièges, pierre à aiguiser abandonnée, et… cette main, tenant encore désespérément le poignard rituel. La main est ancienne et très bien conservée, grâce à les sécheresse des lieux. C’est celle d’un humain adulte, porteur d’un bracelet de cuir et de tatouages traditionnels qui ne sont pas étrangers à Méritahé : « un Grinvolt », dit-elle. « Un guerrier venu de Millvale ou alentours. Apparemment les hommes du demi-lord Joun se sont aventurés jusqu’ici. Le pauvre est mort hors du cercle… Puisse son âme retrouver le chemin vers la surface ! En revanche le poignard ne me dit rien. On n’en fabrique pas d’aussi légers chez nous. Pas que je me souvienne. »

Galgor se penche sur l’arme avec d’infinies précautions. Longue de trente centimètres, recourbée comme les lames elfiques, elle est visiblement faite pour un usage rituel plus que pour le combat. La lame est fine et d’un fil aigu comme un rasoir, sa pointe légèrement ébréchée. Une pellicule brune la recouvre partiellement : du sang séché.

Selmy, ayant apporté la lumière en différents points de la caverne, se penche à son tour sur la découverte et fait remarquer la manière dont le sang a aspergé les pierres alentours. Pas sûr que le rituel se soit déroulé comme prévu, s’il s’agissait d’un rituel ! L’examen de l’éboulis laisse perplexe le vieux chevalier. Tout est si instable ici… Il est clair que c’est ce glissement de terrain qui a coûté la vie au pauvre guerrier Grinvolt, et les chances sont non nulles qu’un mouvement irréfléchi n’ajoute des victimes à la liste. Ça se tente, mais c’est risqué…

Galgor, de son côté, marque un temps de déception : ce n’est pas la dague de Sgian dubh. Le manche de celle-ci est certes en or, mais sans les motifs de serpents que tu sais devoir trouver. Cependant la facture et l’époque ressemblent à celle que tu recherches, et l’espoir se ravive en toi : Si Bethelan utilisait un tel objet, il a peut-être bien croisé la route de Sgian Dubh… Les sorciers sont pleins de ressources !

Ladro, prenant du repos, tend l’oreille. Il perçoit une réverbération des sons provenant de plus loin dans les cavernes et, comme en lisière de son champ de perception consciente, un vague appel au secours… Il se réveille en sursaut quelques temps plus tard : l’assoupissement l’avait gagné, et il s’était laissé aller à rêver. En tout cas son bras semble avoir retrouvé toute sa matérialité, et renoncé à sa vocation de baryton des caves, au grand soulagement du hobbit à son extrémité.

Ladro Souffle cinq minutes, résultat 9 : il récupère de sa condition, mais ça lui coute du temps.

Alors qu’il se remettait debout, frustré de n’avoir eu le temps de mémoriser les glyphes tracés au sol, il vit revenir Rapsody, porteur d’une torche et de bonnes nouvelles : « Les amis ! dit-il à la cantonade et sourire aux lèvres, venez voir ça ! Ça brille ! »

En bas d’une nouvelle pente, au sein de ténèbres profondes, peuvent se distinguer une formation cristalline gigantesque, captant et reflétant comme autant d’étoiles les lueurs des torches des aventuriers.

La Géode

Songeur, attentif, Rapsody laisse couler entre ses doigts fins le sable blanc de la caverne. Sur une impulsion, il en propulse quelques grains nonchalants sur les structures cristallines en contrebas.

Alors le temps se suspend, et ce n’est qu’après, dans l’espace d’un battement de cœur

~~~~~~~~~~~~~~

manqué,

qu’il comprend.

Cette larme qui lui est venue, ce sentiment vertigineux d’émotion brute qui déborde, lui a été apportée par un son

dont l’écho

perdure encore dans son oreille. La beauté insurpassable de ce que vient d’entendre l’elfe a transi ses sens aussi sûrement que l’éclat brutal d’un soleil roi, observé de face. L’âme du mortel ne peut en appréhender que la silhouette estompée.

Le cœur battant, il ramasse un gravillon en tâtonnant dans le silence opaque laissé par l’évènement. Un geste, et l’éclat de roche brute, roulé par l’eau et les années jusqu’à ce point précis, vient arracher à la paroi de diamant un, deux, trois sons d’une insurpassable beauté. Aussi perçants que le regard d’une amante. Aussi éternels que l’éclat d’une étoile. Trois rebonds absolus qui arrachent aux corps présents des gémissements de stupéfaction devant leurs âmes devenues, Ô ciel, trop grandes pour eux.

Deux respirations plus tard, Rapsody se retourne vers ses compagnons de route. Certains sanglotent tout bas. D’autres regardent dans le vide, stupéfaits, ou rient, bêtement, comme à la naissance de leur premier enfant. Tous s’approchent en tremblant de la pente et observent de toutes leurs oreilles le Silence

qui suit

le miracle.

.

Glissant avec grâce le long de la pente blanche, l’aérien musicien aborde la géode avec l’angoisse du rufian à la Cour de l’Empereur. Si le bruit blanc des graviers crissants de la pente efface le charme qui paralysait les aventuriers, il n’avive que plus leur soif de beauté. C’est dans un demi cercle suspendu qu’ils entourent leur ami musicien, partagés entre la fascination et, pour les plus amers d’entre eux, la crainte évidente du piège. Les armes ne sont pas loin, invitées par réflexe pour protéger l’instant fragile de toute atteinte terrestre.

Les cristaux sont gigantesques. Certains plus grands que deux hommes, et tous parcourus de teintes pourpres, azur, vermillon ou alizarine. Assemblant dans sa tunique une poignée de projectiles, l’elfe se perche en périphérie de la structure, dominant de sa hauteur la formation géologique.

Et dans un instant qui s’étire avec vertiges, le musicien découvre la géométrie sonore du lieu. Les tonalités, les rebonds percussifs, les harmonies…

Le Temps lui même, pour écouter tranquille, s’arrête.


Chaque personnage voit sa Niaque remonter au maximum ! Le groupe gagne 5px et tous les effets négatifs sont annulés (c’est la magie de la première fois, ne comptez pas forcément dessus plus tard 😉

Rapsody Discerne la Réalité : 8 ! Je réponds à une question parmi les suivantes :

  • Que s’est-il passé ici récemment ?
  • Que va-t-il se passer ?
  • A quoi dois-je être attentif ?
  • Qu’est-ce qui pourrait m’être utile ou précieux ici ?
  • Qui est vraiment maître de la situation ici ?
  • Qu’est-ce qui n’est pas ce qu’il paraît être ici ?

Le vieil homme se dresse, tremblant, face à Rapsody. Il est voûté et rachitique, et rien, à proximité, ne semble indiquer qu’il aie eu quoi que ce soit à manger. En réalité la caverne est d’un dénuement étrange. Pas de meuble, pas d’objet, ni de fenêtre, rien que cet humain en haillons. L’autre élément intriguant, note Selmy en son for intérieur, est que rien non plus ne semble le retenir dans cette caverne. Pas de chaîne, pas de lien ni de porte ne le retiennent. Rapsody, alerté par ses sens de fée, se méfie : pas sûr que ce vieillard soit vraiment ce qu’il paraît être…

« Le vilain Sorcier ? Eh bien, Bethelan pardi ! Il me semble qu’il y a des lustres qu’il ne m’a pas rendu visite, mais pour sûr, ma captivité m’a ôté le sens du temps, ça c’est peu dire ! Il m’a jeté une saloperie de mauvais sort, qui fait que je défaille dès que je m’approche un peu trop de ces drôles de cristals, là. J’peux pas sortir ! Mouhouhou, beuwah…. Aidez moi ! Je srai gentil ! Vous voyez qui c’est, tout de même, ce Bethelan ? »

« Oh, chère Madame ! C’est une bien bonne nouvelle que vous m’apportez, de vrai ! Bethelan, disparu ? Envolé ? Bon débarras, voilà ce que j’en dis ! Alors que j’allais à mes occupations, cueillant ma nourriture et vaquant à mes propres affaires, il m’a intimé de venir à lui. Vous savez comment sont les sorciers : quand on les laisse parler, on se retrouve à faire toutes sortes de choses qu’on avait point l’intention de faire en se levant le matin. Il m’a annoncé que je foulais son territoire, que je prenais ce qui ne m’appartenais pas, que je n’étais pas le bienvenu sur cette terre. Et paf, plutôt que de m’relacher bien honnêtement, ben voilà qu’il m’enferme ici ! Il venait me voir de temps en temps, et faire ses cochonneries de sorcier dans la caverne derrière les cristaux, là. Mais j’ai perdu le compte des jours depuis qu’il ne m’a plus rendu visite. »

Pendant que le vieillard poursuit sa tirade larmoyante, Selmy l’examine avec suspicion, tentant de reconnaître les traits de quelqu’un qu’il aurait pu avoir connu du temps de sa jeunesse… Mais non. Si l’inconnu est bien humain d’apparence, ses traits ne ressemblent point à ceux des Grinvolts. Il résulte probablement d’un brassage génétique pour le moins vigoureux.

« C’est un démon, ne le voyez vous pas ? »

La voix de Rapsody résonne dans la tête de ses compagnons, qui notent avec curiosité qu’aucune pensée n’est perceptible venant du vieillard. Peut-être les effets du rituels ne touchent-ils que ceux qui approchaient suffisamment les cristaux, peut-être l’étranger sait-il comment dissimuler ses pensées, ou peut-être même n’a-t-il aucune pensée…

Bogdanna et Galgor, curieux et circonspects, tournent autour de l’homme, n’identifiant aucun piège, aucun fil caché, rien qui puisse le retenir.

« De tout ce temps, pourquoi n’en as-tu pas profité pour filer ? demande Galgor. La porte est tellement ouverte qu’il y a même pas de porte ! »

« Si c’était si simple, mon bon monsieur ! Mais dès que je m’approche trop des cristaux, toute ma force m’abandonne… J’demande pas grand-chose, parole ! Tout ce que vous avez à faire pour me libérer du mauvais sort, c’est de me porter de l’autre côté de ces cailloux maudits ! Et moi, ni une ni deux, je rentre chez moi gentiment sans plus vous déranger, hein ! Enfin, ça, c’est si vous voulez, parce-que j’vois que vous êtes pour ainsi dire pas complètement au fait de ce qui s’est passé dans le coin, alors si ça se trouve, je pourrai sortir de ma mémoire quelques informations valables. Qu’est-ce qu’il en dit, le petit monsieur derrière ? »

Vous vous tournez vers Ladro, qui s’applique, à l’autre bout de la caverne, à récidiver ses exploits arcaniques… Son grimoire d’une main, une torche allumée dans l’autre, l’apprenti sorcier s’éloigne hors de vue du prisonnier et se dirige vers un boyau encore inexploré du complexe. Arrivé au seuil d’une nouvelle pente sablonneuse, il lance la torche dans le vide et ferme les yeux…

Ladro utilise son pouvoir de Mage : 2d6 plus Curiosité, résultat 8. Ladro devra choisir entre :

  • Tu attires une attention malvenue. Le MJ dira comment
  • Le sort ne s’arrête pas comme prévu, une conséquence fâcheuse en résulte
  • Le sort perturbe ton aura : tu ne peux plus utiliser de magie avant de te Reposer cinq minutes

De plus, je consulte la table des rencontres, et la proximité de l’éventuelle créature…

Concentré sur l’image renvoyée par la flamme dans le fond de son esprit, le hobbit balance la tête de part et d’autre, comme s’il embrassait un vaste paysage du regard. Et de fait, ce qu’il voit est hors de toute proportion. La torche s’est stabilisée, après une longue dégringolade, au bord d’une nouvelle pente aux proportions gigantesques, descendant vers le fond de la terre aussi loin que porte le regard. Au dessus, le plafond de la caverne s’élève, encore et encore, vers une voute indistincte. C’est d’ailleurs de cette nuit qu’arrive un nuage indéfinissable, qui se rapproche de la torche avec un vrombissement que les aventuriers perçoivent par leurs oreilles autant que par l’esprit de Ladro… Avec un spasme de dégoût, le hobbit ouvre brutalement les yeux : « Ouh bon sang ! Une énorme phalène vient de se brûler dans mes yeux ! Euh, je veux dire, dans la torche. Vous avez reçu ce que j’ai perçu ? »

Tout en bas, l’entrée de la Caverne-Monde. A droite, deux couloirs encore inexplorés.

Que faites vous ? Acceptez-vous l’aide du vieillard ? Irez-vous explorer la caverne gigantesque ? Ou les autres couloirs ?

« Alors ? Vous m’aidez et je vous aide ? Ça marche ? Vous allez par là, vous êtes sûrs ? Faites pas confiance à la carte, c’est un piège ! Revenez ! »

Vous détournant des supplications du vieux prisonnier, vous examinez la pente qui s’amorce de l’autre côté de la géode, montant vers un étroit couloir en surplomb. Avec Légèreté, Rapsody la gravit en deux appuis judicieusement placés. Mérithaé aide ensuite les deux hobbits, qui gravissent bon an mal an la pente gravillonneuse. A la surprise de la guerrière, Bogdana dédaigne son aide et grimpe seule, fichant dans les anfractuosités de la roche ses lames pour s’en servir de poignées. « Plus facile que le mât de misaine pendant un grain, j’vous l’garantis ! »

Encombré par le poids de son armure et de ses années, Selmy, quant à lui, peine. La courte échelle de Meritahé et les poignes fermes de ses compagnons, là-haut, ne sont pas de trop pour le hisser, suant, jusqu’au bord de la pente. Pendant l’ascension, de lourds amas de sable humide sont tombés du plafond, aspergeant tout.

Pendant que le vétéran s’époussette, Ladro consulte son oeil de flamme. La luminosité de la torche dans la caverne a diminué, mais il perçoit encore quelques phalènes qui tourbillonnent autour. Elles semblent de la même espèce, supposément inoffensive, que celles qui grouillaient dans la première caverne visitée par le groupe. Plus loin, haut dans le ciel de la caverne, Ladro distingue par moment un scintillement… Des étoiles ?

« Les amis ? Youhou, revenez ! Me laissez pas seul, je suis si malheureux ! Vous vous en sortirez pas sans moi, je vous le garantis ! Les sans-yeux feront qu’une bouchée de vous ! Vous tiendrez pas une heure de plus ! REVEN-AAAarGGHGH ! »

La voix du misérable se tord, puis se tait, remplacée par un halètement à peine audible. Un bruit de gorge sifflant comme le gouffre venteux d’un abîme sans fond…

Les explorateurs continuent néanmoins vers la gauche, jusqu’à ce qui devrait être la caverne numéro 5 sur la carte. En lieu de caverne, vous ne voyez que le plafond du boyau plonger vers le sol, rejoignant une dense forêt de colonnes calcaires, épaisses et humides. En ce lieu, le plafond descend progressivement en une presse claustrophobique, praticable seulement en rampant, plus ou moins confortablement suivant la corpulence de l’apprenti spéléologue. A l’entrée de cet antre sombre, sur votre gauche, une cataracte de sable dégringole de quelques mètres en un petit filet fluet, mais fluide? D’après la carte, il remonte jusqu’à la chambre plate où se trouvait le cercle rituel.

Cependant les esprits commencent à s’interroger sur le passage étroit. Qu’y a-t-il de l’autre côté ? Et qu’y a-t-il dedans ? Pour l’explorer sans risque il faudrait être petit, et cependant brave et bien armé. Ou armée.

Les regards, naturellement, se tournent vers la nouvelle arrivée…

La salle basse

Basse, basse… C’est un euphémisme !

Si Bogdana passe sans trop racler le devant de son surcot (ce qui montre bien qu’elle a du sauter quelques repas), ce ne sera peut-être pas le cas de ses compagnons…

Mais d’ailleurs, où passe-t-elle donc ? Pour le savoir, elle commence par revenir sur ses pas pour prendre une torche, et refait le trajet en espérant, dents serrées, que l’éclat de la flamme n’attire pas de trop gourmands curieux… La chance ne l’abandonne pas, et même les amas de sable trempé, tombant régulièrement de la voute, ne viennent pas lui souffler sa chandelle. Elle parvient ainsi au « centre » de la salle : une vaste voute de granite, dont le sommet culmine à quelques soixante centimètres de hauteur, que la fumée de la torche vient rapidement couvrir de suie… Pas.sion.nant. Quelques graffitis, un manche de pelle cassé et décomposé par les moisissures, quelques détritus. Le vieux Bethelan ne devait pas beaucoup utiliser cette caverne, qui serait pourtant pas si mal pour faire vieillir les fromages…. On mettrait une étagère ici, avec une rangée de bleus, des pâtes coulantes près de l’entrée, une petite grille pour décourager les intrus, et…

La hobbite est tirée de sa rêverie par les appels anxieux de ses camarades. Oui elle est toujours vivante, et non il n’y a pas de danger ! Le passage est également étroit de l’autre côté, mais praticable. Il mène à la salle suivante indiquée sur le plan : salle que l’on peut également atteindre via le couloir d’entrée dans le complexe. Alors, est-ce que vous voulez tous ramper ou bien faire le tour ? Ou alors (clin d’œil), on se sépare ?