Pas assez de rames pour tous.
Tenter de chercher le fond pour pousser la barque avec un bâton ?
L’analyse des masses comparées de la barque chargée de 4 aventuriers full-paquetage d’un côté, de ma carrure de Hobbit de l’autre, m’amènent à une conclusion simple : ce n’est pas la barque qui avancera mieux sous ma poussée. C’est moi-même qui vais rester planter sur ma perche au milieu de l’onde déchaînée.
Très peu pour moi. Mais que faire ? Rien à voler sur cette barque. La galère…
Pourquoi pas essayer de me rendre utile alors.

Je saisis ma dague d’une main, une perche de l’autre, et commence à en tailler consciencieusement le bout. Une pointe effilée à laquelle nulle écaille ne résistera. Une série d’encoches de part et d’autre de la circonférence, pointant vers le côté du bâton opposé à la pointe : aucune proie transpercée ne pourra s’en dégager.

Me voilà prêt pour mener à bien la seconde tâche dont je m’acquitte le mieux après la recherche de trésors : quérir la pitance.
Fermement accroché à la massive pièce de bois de la proue, pointant mon harpon improvisé vers l’obscurité, je scrute à la lueur des éclairs les nageoires et tentacules des êtres que je devine sous les flots. Voyons… ni trop petit pour inspirer un début de respect pour mes talents auprès de mes nouveaux compagnons… ni trop gros pour éviter que ce soit la proie qui m’emporte, ce qui ruinerait encore plus sûrement à ma crédibilité…

C’est à ce moment de ma réflexion que mes yeux se posent sur une masse sombre sur laquelle nous gagnons du terrain -enfin, terrain, façon de parler. Le flottement de la bête ne semble animé ni par des nageoires, ni par des mouvements animaux, mais seulement par les vagues. Nous approchons davantage, la forme se précise : un coffre !

Ma vocation m’a rattrapé : je compte pêcher, et je chasse un trésor ! Mon harpon improvisé me sert finalement de gaffe pour rapprocher le coffre du bateau. De plus près, je discerne une poignée dans laquelle je parviens à enfiler la pointe du bâton. Les encoches font leur effet, le poisson est ferré ! Une fois ma proie sécurisée, je jette un regard à mes compagnons, espérant que leur lutte contre les flots aura détourné leur attention de ma trouvaille, que je pourrai arraisonner en toute discrétion… Hélas, si Selmy et Rapsody sont concentrés sur les éléments déchaînés (l’un pour la navigation, l’autre en vue de sa prochaine ballade), Galgor, lui, ne me quitte pas des yeux alors que je hisse mon précieux fardeau à bord.

Précieux ? J’en suis intimement convaincu dès que je pose la main dessus : une facture de cette qualité, des ferrures aussi solides, un bois aussi massif… ce n’est pas pour quelque futilité sans valeur qu’il a été muni d’une serrure aussi imposante.

Galgor s’approche sans perdre un instant.

Hop la Ladro, en voilà une belle pêche, une belle pêche qui risque de nous aider pour notre expédition, il s’agit du coffre du capitaine qui nous a déposés sur la plage. Il me semble qu’il y avait environ 20 à 30 passagers sur le bateau à raison de 10 pièces d’or environ par passager. On a eu de la chance de s’arrêter sur cette plage j’ai l’impression en tout cas, le bateau n’a pas dû aller bien loin avec cette tempête. La serrure me semble assez coriace par contre, il va falloir s’arrêter pour essayer de le crocheter. Je pense que l’on peut encore remonter encore un peu, il y a pas mal de créature étrange qui nous suivent. Je vais affuter un peu ma dague.

Allez Selmy & Rapsody, ramez avec ardeur, une bonne pitance de mon cru vous aurez en récompense !

Presque rassuré par le fait que Galgor ne soit pas en mesure d’ouvrir le coffre pour le moment, je ne le quitte pourtant pas des yeux ou presque alors que je reprends ma position à la proue avec mon harpon. Je ramène une bonne demi-douzaine de ces poissons d’allure copieuse qui, affolés par les grosses vagues ou fascinés par la lueur des éclairs, passent et repassent par dizaines aux abords de notre barque.