Quand je me réveille, le soleil n’est pas encore levé. Autour de moi, tout n’est que silence, si ce n’est quelques respirations rendues bruyantes par l’abus de boissons alcoolisées.
Je me sens en pleine forme ; ai-je tant dormi ?
Les souvenirs de la veille se rappellent à moi : Le village, les tambours, puis les chants… La voix de Zlabaya… Ces propos tournent en boucle dans mon esprit. Elle a l’air de faire confiance à Bethelan. Est-elle sous son influence ? Ou, mes informations à son sujet sont-elles fausses ?
Mais quelle importance s’il est mort.
Je me lève silencieusement. Je picore çà et là dans les plats de victuailles encore présents. Mon regard est attiré par une assiette, à n’en pas douter, une de celles confectionnée par le sorcier. N’ayant aucune compétence pour discerner une quelconque magie provenant de ce réceptacle, je décide de l’ajouter aux objets de mon barda, histoire de la faire examiner plus tard. Et comme les denrées ne manquent pas, je restaure la totalité de mes rations de voyage.
Dehors, le temps n’est plus à la pluie. Au loin, au travers la canopée, on peut apercevoir les montagnes au nord. Est-ce par là que se situe la grotte que nous cherchons ? J’espère que mes camarades ont réussis à obtenir quelques informations pour nous y guider.
Mes pas me conduisent en limite du village. J’essaie de rassembler mes souvenirs de jeunesse pour préparer au mieux la suite de notre aventure.
Dites M.J., avant d’entrer dans notre troisième jour, j’utilise mon talent de « Légat, familier des lieux » pour lister ce qui a changé dans le paysage environnant depuis la dernière fois que je suis venu ici.
Les premiers rayons de soleil apparaissent, la vie va bientôt reprendre dans la communauté.
Alors que ses compagnons de voyage émergent de leur longue nuit, Selmy examine les alentours du village, peinant à retrouver des repères acquis des années plus tôt. La chaîne rocheuse accueillant les cavernes de Bethelan, qui auparavant jouxtait le petit lac voisin du village, se trouve maintenant à des heures de marche, une zone forestière nouvelle ayant comme grandit entre les deux.
« Ce n’est pas la mémoire qui vous joue des tours, chevalier, c’est la terre » Zlabaya la guérisseuse claudiquait à ses côtés, appuyée sur sa canne.
« La tradition des coureurs de bois, le marquage des cairns le long des routes, les processions de village en village… ce sont aussi des rituels magiques, vous savez. Il y a bien longtemps, une caste de mages aux savoirs infinis régnaient sur le Thrisme : les Seree. Ils remarquèrent que les cartes anciennes étaient fausses, et en trouvèrent la raison : au fil des éons, de multiples terres furent englouties à l’intérieur des abîmes souterrains. On raconte qu’autrefois le peuple des carregs, les gens de pierre, vivait lui aussi à la surface. Et maintenant certains pays parmi les plus anciens réémergent partout. Des villages autrefois contigus peuvent se retrouver, en quelques années, séparés par une vallée inconnue de tous. Sans circulation entre les communautés, parfois un hiver peut produire une différence notable sur le terrain. C’est pourquoi les Seree ont institué la tradition du marquage des routes, qui ralentit la Remontée des terres anciennes.
Chez nous il a suffit de quelques années pour que les grottes de Bethelan se retrouvent éloignées du village par plusieurs lieues de maquis. Soyez prudents en le traversant, c’est je crois le lieu d’affrontements entre les servants de la Mère-Terreau et les esprits du lieu englouti.
La Mère-Terreau ? Je crois que vous avez déjà entendu son appel, Selmy… Vos délires, vos visions et l’évocation impérieuse du Gommier Rouge… je pense que vous avez respiré les spores émanant de la Gardienne de la forêt. Pourquoi pensez-vous qu’il est interdit de couper des arbres chez les Grinvolts ? Certaines communautés en difficulté le font : quelques jours après on ne retrouve plus que le cercle de pierre, tous les habitants ont été emmenés dans les bois par les servants, et les haches brisées par des racines à la force terrifiante. Certains humains entendent l’appel de la Mère-Terreau qui contrôle toute la côte, et on les dit capables d’entrer dans un arbre pour ressortir d’un autre, des lieues plus loin. On les appelle les courracines.
En plus de ce changement géographique, tu noteras que la grande ville de Millvale nous avait envoyé un notable, Joun le demi-lord, pour examiner la provenance de marques de griffes énormes dans la pierre des montagnes proches. Il n’est jamais revenu, lui et ses cavaliers.
Mais tiens, voici Ladro qui sort de la hutte de Mapce, le cartographmancien… Hou, il court drôlement vite, pour une personne de sa taille ! »
Arrive donc le hobbit, serrant contre lui son éternel grimoire… et une liasse de parchemins couverts de symboles cartographiques étranges, de flèches et d’arabesques absconses. En saisissant le coup d’oeil interrogateur de l’humain, Ladro répond dans un halètement : « ces papelards ? Un emprunt. J’ai découvert comment fonctionne mon grimoire, j’ai pris de devoirs de vacances. D’ailleurs j’ai très envie de marcher assez vite, là-tout-de-suite. Si on y allait ? »
Et sans attendre de réponse, l’ambitieux semi-homme ajoute un peu de distance avec la hutte qu’il vient de visiter, en direction de ses compagnons sur le départ. « RAPSODY !! Sors ton banjo et fais ton boulot de serre-file, fissa ! »
Et c’est donc sur un air de marche forcée que le petit groupe, rejoint par la jeune Meritahe, pris la direction des cavernes de Bethelan.
Alors que Selmy et moi sommes encore à notre petit déjeuner de fruits et graines, écoutant Zlabaya nous présenter le pays, Ladro prend les devants, pressé de quitter nos hôtes et se rue dans le maquis dans la direction supposée de la grotte de Bethelan.
Puisque Meritahe a décidé de nous accompagner et qu’elle connait un tant soit peu le terrain , je l’envoie rattraper le hobbit qui commence à hurler de douleur prisonnier d’un roncier. Elle le dégage et prend la tête de notre groupe, nous expliquant quelles plantes éviter à tout prix.
Un petit air de flûte à Galgor pour le réveiller et nous voilà partis. Pas de petit déjeuner pour les lève-tard…
A vol d’oiseau ce n’est qu’à quelques lieues mais vu le terrain vallonné et raviné couvert d’une végétation impénétrable de yeuses, de clématites, de chèvrefeuilles, de fougères, ça va nous prendre au moins la journée en tours et détours. Au moins il fait beau et l’air est embaumé par les immortelles, le romarin et la lavande. Régulièrement nous faisons des petites pauses pour cueillir toutes les baies que nous reconnaissons et que Meritahe approuve.
Parfois un tronc d’arbre effondré nous ouvre un chemin au travers des broussailles, d’autres fois nous sommes contraints de faire demi-tour pour éviter un ravin empli de cytises épineux.
Mais la progression reste pénible à contourner toutes ces plantes qui semblent vouloir nous barrer le chemin. Meritahe et Selmy doivent même parfois porter les hobbits pour certains passages difficiles.
Quand soudain nous débouchons sur une large piste où toute la végétation a été écrasée et dévorée sur au moins trois toises. Meritahe nous propose de la suivre, car même si la piste ne va pas exactement dans notre direction, nous devrions gagner du temps et du confort. L’animal qui l’a tracée, est un Omû selon notre éclaireuse et nous sommes derrière lui, donc à l’abri à condition de ne pas le fâcher si nous le rattrapons. De plus, c’est un jeune selon Meritahé, subséquemment moins agressif et dangereux. Nous n’aurons pas le plaisir de le voir mais Meritahé nous le décrit comme un cloporte titanesque avec de nombreux yeux, bleus ou rouges selon son humeur.
Dans l’après-midi, nous quittons la piste pour obliquer vers le lac au pied des montagnes qui se sont bien rapprochées. Et le soir venu nous parvenons sur une plage du lac. Non loin une superbe cascade l’alimente.
Epuisés, fourbus, lacérés, nous nous jetons à l’eau pour nous détendre avant de chercher la grotte que je subodore être derrière la cascade.
Après une bonne journée de marche, d’escalade et d’autre activité d’aventurier en terrain inconnu, on s’arrête devant un superbe lac avec des multitudes de cascades au fond. Rapsody pense que la grotte tant convoitée se cache derrière ces belles chutes d’eau.
Une traversée du lac s’imposera pour aller découvrir ce que s’y cache
N’étant pas un grand nageur, je préfère laisser ma place et commence à sortir mon matériel de pêche. Les poissons servi durant le festin de hier soir étaient délicieux, j’espère les cuisiner aussi bien.
J’ai également repéré quelques pistes de petit gibier en chemin, je pense poser quelques pièges dans la soirée pour la journée de demain. Si on s’enfonce dans une grotte, pas sur de pouvoir récolter facilement de la nourriture.
Je vais également préparer quelques torches pour demain matin, ça peut toujours servir, pas encore tout à fait convaincu des talents de magicien de Ladro. De plus, il est possible que des protections anti magies aient été posés. Vaut mieux prévoir !!
Hâte de connaitre le verdict de Méritahé sur ce joli endroit.
Après un périple au travers de contrées emplies d’une végétation luxuriante, nous arrivons au bord d’un lac dans lequel se déverse une incroyable cascade. Mes désormais camarades d’expédition décident de profiter de ce magnifique endroit pour s’octroyer une pause bien méritée.
De mon côté des sensations étranges et contradictoires m’étreignent. La beauté du lieu me subjugue et me fascine. Les eaux placides et claires du lac, les gouttes scintillantes venues de l’eau de la cascade sous les rayons du jour… Je ressens une certaine sérénité en ce lieu qui me semble étrangement familier et pourtant je ne peux m’empêcher de tressaillir par moments. Comme si quelque-chose me hantait, m’appelait… Une sensation étrange de déjà-vu? Je ne sais pas… Je ne suis pas sûre de reconnaître cet endroit et pourtant celui-ci me parle, comme si le chant de la cascade essayait de me dire quelque-chose… Mon esprit s’égare… Aurais-je trop abusé du breuvage local la nuit dernière ? Non. Cette sensation est différente. Un coup de froid me parcourt soudain. Je frissonne. C’est ça… Ce n’est pas le fruit de mon imagination. Nous sommes sur la voie de la grotte de Bethelan.
Mes camarades sont-ils prêts à reprendre la route ? Rapsody, Selmy, qu’en pensez-vous ? Peut-être devrions-nous passer la nuit ici et attendre le lever du jour pour reprendre notre route ?
Il est clair que notre expédition doit prendre fin ici, ce soir. Nous sommes tous fatigués, et nous ne connaissons pas la profondeur de cette cavité.
Après avoir fait le tour du lac, il apparait que seuls des animaux de petites tailles s’abreuvent habituellement en ce lieu ; il est vrai que son accès en loin d’être aisé. Reste plus qu’à vérifier qu’aucune créature ne vit au fond de ces eaux cristallines.
Vu que ma dernière baignade m’a valu 2 jours de fièvre, je m’abstiens de tout contact avec ce plan d’eau pourtant si engageant.
Pour éviter de refaire le tour du lac, je décide d’explorer un peu les abords de la cascade. Peut-être peut-on imaginer l’éventualité de se frayer un passage sans trop se mouiller. La végétation est assez dense, mais même si ma progression est lente, elle reste possible. Elle l’est pour moi. Je doute que nos amis plus courts sur pattes soient de mon avis.
Je ne suis plus qu’à quelques centimètres du mur d’eau, et je peux vous confirmer que mon intuition était bonne : à une certaine époque, (avant que la terre ne bouge,) un sentier devait conduire derrière la cascade. Deux choix s’offrent maintenant à moi, soit je fais demi-tour, soit je saute au travers la chute d’eau pour atterrir sur le chemin que je devine en contrebas.
En moins de 2 secondes, je disparais de la vue de mes compagnons.
Derrière la cascade, la rive est presque un mètre plus haute que le niveau du lac, ce qui empêche l’eau de pénétrer de ce côté-ci. Depuis l’extérieure, l’entrée de la grotte semblait assez étroite. En fait, elle forme une sorte d’entonnoir. Ce n’est pas une grotte, c’est clairement un tunnel. L’obscurité est totale au-delà de vingt mètres.
Ce qui est encourageant, c’est que ça ne sent pas mauvais. Mais la qualité de mes sens reste approximative. Aucune trace visible. Si quelqu’un est venu ici, cela remonte à plusieurs mois.
Bon, il est temps que je ressorte. Mes compagnons vont s’inquiéter. Et ben non, en fait, tout le monde s’en fout. Ils n’ont même pas dû voir que j’avais traversé.
De ce côté, l’accès est tout aussi humide, mais moins contraignant. C’est par ici que nous passerons demain. Alors que je m’apprête à héler les joyeux campeurs affairés à quelques dizaines de mètres de moi, mon pied gauche vient taper contre un objet dont la nature tranche avec son environnement. Je ne suis pas spécialiste en bijoux, mais il me semble que les médaillons en argent ne poussent pas dans les massifs de Rodgersias.
J’examine ce collier sur le trajet du retour vers le campement. Les mailles de la chaine sont assez volumineuses. Ce doit être une parure d’homme. Le médaillon n’est pas tout à fait rond, il est finement sculpté : d’un côté la tête d’une femme que je ne reconnais pas, et de l’autre, je crois y deviner un ogopogo.
Fier de ma trouvaille, mais trempé jusqu’aux os, je m’approche de mes camarades. L’eau est fraiche mais généreuse. Quelqu’un a-t-il déjà vu un tel objet ?
Pendant qu’ils examinent le bijou, je m’approche du feu pour me réchauffer. Je prends le premier quart si ça ne vous gêne pas. Le temps que mes habits sèchent.
Voici l’expérience accumulée depuis le début de la partie :
1px par jet raté (6 ou moins)
Echec de Galgor en ravitaillement : 1
1px par hexagone traversé sur la carte (environ 1 par jour de marche) : 2
3px par donjon exploré : aucun pour le moment
3px par communauté visitée : Ottlecop = 3
3px par nouvelle créature rencontrée : ça ne saurait tarder J
3px par artefact exhumé : pas encore (je ne considère pas le journal du capitaine comme un artefact, en première analyse 😉
S’y ajoute 2 px du fait du peuple des semi-hommes, qui gagnent un px quand ils goûtent un plat nouveau : ici les galettes d’écorce des Grinvolts (essayez de le mettre plus en valeur dans vos textes, les gars)
TOTAL : 8
Ces points sont à vous répartir entre vous. Voir les règles pour l’action « Révéler ses progrès »
Votre Niaque ayant été peu sollicité jusque là, vous remontez tous au maximum au cours du repas et de la nuit. Vous dépensez tous une ration.
Le petit groupe restauré, tous se tournent avec curiosité vers le médaillon d’argent trouvé par le chevalier lors de sa reconnaissance.
Je fais un test de Curiosité pour Meritahé, qui a le plus haut score et deux spécialités ad hoc : les peuples et les coutumes du Thrisme. (J’aurais pu le faire pour Selmy aussi, mais c’est l’occasion de mettre en avant notre nouvelle venue 😉
La spécialité permet de lancer trois dés plutôt que deux, et garder les deux meilleurs résultats.
9 : succès partiel pour « Ramener sa science », le Meneur raconte un truc intéressant, à vous d’en comprendre l’utilité…
Vous voyez cette ligne ? demande la jeune guerrière à la cantonade, il s’agit de la marque du moule de terre utilisé pour fondre le médaillon. Il est de bonne facture et l’alliage d’argent est plutôt pur : je pense que le minerai provient des mines du Haut Uttwelt, à l’est de Millvale, et qu’il a été fondu il y a plusieurs générations. C’est parfois dans les coffres des dynasties Seree éteintes que les demi-lords piochent la solde de leurs troupes quand elles sont sollicités pour contrer les dradkins qui raident les communautées grinvoltes. Je ne reconnais pas le visage, mais la créature de l’autre côté est sans nul doute un Ogopogo, une bête lacustre que la vieille Zlabaya mentionne souvent dans ses contes. Elle est apparentée aux ondines. Une chose est sûre, c’est que les Grinvolts n’abandonnent pas leur argent facilement, ajoute-t-elle en agitant l’anneau de sa hache. Vu le bon état de la chaîne de ce médaillon, ce dernier a été déposé à l’entrée de la grotte en toute connaissance de cause. Mais quant à dire laquelle…Nous en apprendrons peut-être plus une fois dans la grotte.
Je fais ensuite un jet dans la table de rencontres de la Grinvolte, pour voir si vous êtes dérangés pendant la nuit…
Harassés par la journée de marche à travers les taillis, chacun s’enveloppe prestement dans sa couverture et s’étend sur sa paillasse, pour tenir à distance l’humidité des bois et de la cascade. Son grondement persiste avec une régularité qui vous berce et vous sombrez vite dans un sommeil réparateur, sous la garde de Selmy. Le vétéran, préoccupé par ses souvenirs autant que par le séchage de ses vêtements, affute son épée avec des gestes songeurs. Alors qu’il se repasse mentalement les paroles de Zlabaya, son regard est attiré par l’autre côté du petit lac. A une vingtaine de mètres, dissimulés hors de la lumière de la lune par les frondaisons qui ombragent les berges, quatre silhouettes se tiennent debout, aussi immobiles que les arbres autours d’eux. Ils semblent négliger complètement le groupe endormi, simplement concentrés sur un cinquième larron, plus visible au premier plan. Accroupi au bord de l’eau, il a les proportions d’un humain. Vêtu d’un simple pagne de peau, les cheveux drus comme une touffe de jeunes racines, sa peau est crevassée. Il semble observer attentivement quelque-chose dans l’eau, comme dans une conversation immobile.
Aux aguets, Selmy sent une fragrance entêtante, terreuse, portée par le vent depuis les cinq hommes des bois jusqu’à ses narines. Un désir d’humidité, de mettre ses mains en terre l’effleure vaguement avant que les paroles de la guérisseuse lui reviennent en tête « je pense que vous avez respiré les spores émanant de la Gardienne de la forêt, Selmy »…
Glacé d’effroi, le chevalier s’ébroue soudainement, soufflant et faisant tinter le médaillon d’argent qu’il avait posé sur ses genoux. Il lance un regard vigilant de l’autre côté du plan d’eau : les hommes se retirent lentement sous les frondaisons. Le cinquième s’est relevé et regarde une fois Selmy avant de disparaître.
Quand il sera relevé quelques instants plus tard par Rapsody au sommeil léger, il lui jurera avoir reconnu le coureur des bois, abandonné mourant dans la forêt voilà près de deux générations…
Ce n’est qu’au lever du jour que Selmy et ses compagnons prirent le risque de faire le tour pour examiner les lieux. Une empreinte de pied dans la vase, au bord de l’eau, atteste de la présence de quelqu’un hier à cet endroit, mais aucun autre indice n’a pu être trouvé.
Une fois prêts, la petite troupe emboîte le pas à Selmy, et tous passent derrière le rideau aquatique, jusqu’à l’intérieur de la fameuse grotte du sorcier Bethelan.
Plusieurs membres du groupe s’arrêtent le temps de mettre feu à des torches heureusement préservées de l’eau, avant de reprendre leur progression dans le tunnel. Le plafond, d’abord haut, descend progressivement à mesure que vous progressez vers le fond, vers le nord. Au sol, un sable si fin et léger qu’il forme des nuages autour de vos pieds, et s’infiltre rapidement dans vos chausses. Si l’eau ruisselait auparavant ici, c’était il y a des siècles. Vous distinguez bientôt que les allées et venues ont tracé comme une rigole dans le sable. Si cette piste oblique sur la droite à la première intersection, le tunnel se prolonge quant à lui sur quelques pas. Il révèle une autre ouverture, plus petite, à droite, et s’interrompt sur une ligne de hauts piquets de fer, couverts de rouille et fichés profondément dans le sol sablonneux de la caverne.
Passé en tête et levant haut une torche au dessus de sa tête de hobbit, Ladro compulse les pages blanches de son grimoire avec application, et son environnement. Prendra-t-il une décision avant que Rapsody ne le dépasse ?