J’ai besoin de quelques minutes de repos, je sens que c’est indispensable pour mettre fin au sort et recouvrer la matérialité de mon bras. Selmy, attendons quelques instants avant de suivre les autres.

Mais attendre ne signifie pas perdre son temps. Le vieux sage n’a pu laisser un plan si détaillé, et aucune information sur les dangers que recèlent ces lieux ! Il y a nécessairement sur ces feuillets une description de l’être, de l’homme, de la bête ou du monstre dont nous suivons les traces depuis que nous sommes entrés dans cette grotte… un moyen de l’éviter, de le vaincre ou de lui échapper… mais pourquoi ne puis-je lire ces informations ?

« Selmy, approche, la lumière de ma lanterne n’est peut-être pas celle qui peut révéler ce que je cherche. Peut-être est-ce à la lumière d’une torche comme la tienne que ce passage fut écrit ? Ces torchères dans la salle de méditation m’inclinent à le penser. »

A la lueur de la torche de Selmy, sous les réverbérations cristalines de la voute minérale, les marmonnements de Ladro ponctuent le silence de la caverne, rythmés par la vibration surnaturelle rémanant de son dernier sortilège. Il passe en revue les feuillets à la recherche de l’information qui lui manque…

Je pallie ici mon incapacité à inventer le contenu de la découverte de Ladro:

Le grimoire est rédigé dans un vélin enchanté qui ne peut être lu que sous la lumière qui a éclairé la rédaction. Je vais considérer cela comme un « sac de bouquins » d’un genre particulier :

Quand tu approches une nouvelle source de lumière du grimoire de Mapce pour y trouver l’information qui te manque, dépense une utilisation et lance 2d6+CUR :

  • Sur 10+, 2d4 pages (8 sorts, informations, lieux décrits…) ont été écrites sous cette lumière. Donne le contenu de 2 d’entre elles, le MJ te donnera le contenu des autres
  • Sur 7-9, 1d4-1 pages (minimum 0) a été écrite sous cette lumière. Le MJ t’en donnera le contenu

Le grimoire a 8 utilisations, trois ont été dépensées.

Ladro fait 8 au jet, ce qui permet d’obtenir 3 informations. Je décide que sa demande portait sur la légende de la carte, et j’en ajoute deux autres. Voir l’article suivant, la Carte de Mapce.

Pendant ce temps, le reste du groupe a rejoint Galgor dans l’inquiétante caverne. Si loin dans les entrailles de la terre, la température est basse, les échos angoissants et la pesanteur de la roche autour de vous vous oppresse. Mais peu importe, le semi-homme avide de richesses inspecte les lieux avec attention.

La caverne est toute en longueur. En face, une pente raide emmène les ruissellements de sable vers des profondeurs insondées. A la gauche du hobbit, le terrain est raisonnablement plat et semble avoir été aménagé par la main de l’homme : un cercle de roches protège quelques chandelles à moitié consumées, et des cercles ésotériques tracés au sol à l’aide de poudres colorées. C’est là que Rapsoy et Meritahé trouvent Galgor, comme frappé par la foudre par sa découverte…

En périphérie du cercle, écrasée sous un tas de roches éboulées, une main momifiée tient fermement une lame. Oui, c’est un poignard ! Une dague sacrificielle à la poignée rehaussée d’or !

C’est alors que Ladro descend, soutenu par Selmy mais heureux : « j’ai de nouvelles informations, dit-il »!

J’invite tout le monde à consulter l’article suivant, puis à écrire en commentaire ce qu’il compte faire (observer la pente qui descend, chercher des pièges, examiner le poignard, la main qui le tient, le cercle, etc). Je donnerai la main en fonction !

Le grimoire de Mapce le Kastromancien

Le grimoire est rédigé dans un vélin enchanté qui ne peut être lu que sous la lumière qui a éclairé la rédaction. Je vais considérer cela comme un « sac de bouquins » d’un genre particulier :

Quand tu approches une nouvelle source de lumière du grimoire de Mapce pour y trouver l’information qui te manque, dépense une utilisation et lance 2d6+CUR :

  • Sur 10+, 2d4 pages ont été écrites sous cette lumière. Donne le contenu de 2 d’entre elles, le MJ te donnera le contenu des autres
  • Sur 7-9, 1d4-1 pages (minimum 0) a été écrite sous cette lumière. Le MJ t’en donnera le contenu

Le grimoire a 8 utilisations à la base, dont 3 ont servi :

  1. Les sortilèges suivants peuvent être lus et utilisés à la lueur d’une lanterne, en souterrain :
  • Fil d’Arya : le sorcier crache au sol. Un filament de salive argenté se dévide de sa bouche et se grave partout où il passe, et y reste jusqu’à la prochaine pleine lune. S’il prononce une parole, le fil cesse de se dérouler et se détache du sorcier.
  • Oeil de la Flamme : le sorcier enchante une torche. Tant que celle-ci brille, le sorcier peut, simplement en fermant les yeux , voir dans son esprit tout ce qui est éclairé par la torche, même si celle-ci s’éloigne de lui.
  • Bras de Roche : le sorcier plonge son bras dans la pierre. A moins de vingt pas un bras fait de roche sort d’une paroi attenante, que le sorcier peut utiliser comme le sien (il est moins précis mais plus fort). Le sort ne dit pas ce qu’il advient du bras du sorcier si le bras de pierre est détruit….
  • Mange-cailloux : avec ce enchantement, le sorcier rend les pierres précieuses comestibles et extrêmement nutritives. Chaque tranche de 5 points de valeur représente une ration.

2. La carte suivante est visible à la réflexion du soleil à travers une chute d’eau :

3. Les notes suivantes sont visibles sous terre, à la lueur d’une torche :

  • La légende de la carte, rédigée par Mapce lors d’un passage chez son confrère :
    1. Couloir d’accès – barreaux contre les carregs
    2. cave aux échos – rituels prophétiques
    3. garde-manger
    4. salle de méditation
    5. basse caverne, humilité
    6. cercle rituel
    7. géode merveilleuse : musique et démons
    8. geôle
    9. bas reliefs : étrange monde des Carregs. Je crois que Bethelan finira par partir avec eux !
    10. 11.12.13 : danger ! Nourrir le Wyrm !

14. ils campent ici

15. l’Outreterre

  • Un croquis d’une tour Kastromantique au bord d’un lac, à trois jours de marche au nord-est des cavernes de Bethelan
  • Les racontards d’un guide des terres flétries, qui affirme avoir conduit un alchimiste jusqu’à la citée perdue de Pelaago… C’est donc possible !

Le Groupe prend donc ses aises dans la première salle qui ressemble vraiment… à une salle. La difficulté d’y accéder et son dénuement ascétique interroge cependant les plus avides de richesses parmi vous. Où sont donc passés les statues médidatives incrustées de joyaux ? Les artefacts crépitants d’énergie magique ? Vous espérez que les légendes concernant le sorcier n’étaient pas trop capillotractées. Il semble clair que Bethelan conduisait des rituels magiques ici. Il semble clair aussi que depuis son départ, d’autres personnes, ou créatures, sont passées : des traces de griffes marquent le sol et les parois, des traces de flammes sont visibles le long des murs et du plafond, et des débris épars témoignent d’une occupation par des humains : ossements d’oiseaux, cendres, rochers réagencés pour former des sièges, pierre à aiguiser abandonnée, et… cette main, tenant encore désespérément le poignard rituel. La main est ancienne et très bien conservée, grâce à les sécheresse des lieux. C’est celle d’un humain adulte, porteur d’un bracelet de cuir et de tatouages traditionnels qui ne sont pas étrangers à Méritahé : « un Grinvolt », dit-elle. « Un guerrier venu de Millvale ou alentours. Apparemment les hommes du demi-lord Joun se sont aventurés jusqu’ici. Le pauvre est mort hors du cercle… Puisse son âme retrouver le chemin vers la surface ! En revanche le poignard ne me dit rien. On n’en fabrique pas d’aussi légers chez nous. Pas que je me souvienne. »

Galgor se penche sur l’arme avec d’infinies précautions. Longue de trente centimètres, recourbée comme les lames elfiques, elle est visiblement faite pour un usage rituel plus que pour le combat. La lame est fine et d’un fil aigu comme un rasoir, sa pointe légèrement ébréchée. Une pellicule brune la recouvre partiellement : du sang séché.

Selmy, ayant apporté la lumière en différents points de la caverne, se penche à son tour sur la découverte et fait remarquer la manière dont le sang a aspergé les pierres alentours. Pas sûr que le rituel se soit déroulé comme prévu, s’il s’agissait d’un rituel ! L’examen de l’éboulis laisse perplexe le vieux chevalier. Tout est si instable ici… Il est clair que c’est ce glissement de terrain qui a coûté la vie au pauvre guerrier Grinvolt, et les chances sont non nulles qu’un mouvement irréfléchi n’ajoute des victimes à la liste. Ça se tente, mais c’est risqué…

Galgor, de son côté, marque un temps de déception : ce n’est pas la dague de Sgian dubh. Le manche de celle-ci est certes en or, mais sans les motifs de serpents que tu sais devoir trouver. Cependant la facture et l’époque ressemblent à celle que tu recherches, et l’espoir se ravive en toi : Si Bethelan utilisait un tel objet, il a peut-être bien croisé la route de Sgian Dubh… Les sorciers sont pleins de ressources !

Ladro, prenant du repos, tend l’oreille. Il perçoit une réverbération des sons provenant de plus loin dans les cavernes et, comme en lisière de son champ de perception consciente, un vague appel au secours… Il se réveille en sursaut quelques temps plus tard : l’assoupissement l’avait gagné, et il s’était laissé aller à rêver. En tout cas son bras semble avoir retrouvé toute sa matérialité, et renoncé à sa vocation de baryton des caves, au grand soulagement du hobbit à son extrémité.

Ladro Souffle cinq minutes, résultat 9 : il récupère de sa condition, mais ça lui coute du temps.

Alors qu’il se remettait debout, frustré de n’avoir eu le temps de mémoriser les glyphes tracés au sol, il vit revenir Rapsody, porteur d’une torche et de bonnes nouvelles : « Les amis ! dit-il à la cantonade et sourire aux lèvres, venez voir ça ! Ça brille ! »

En bas d’une nouvelle pente, au sein de ténèbres profondes, peuvent se distinguer une formation cristalline gigantesque, captant et reflétant comme autant d’étoiles les lueurs des torches des aventuriers.

« Si vous avez fini avec votre canif , je pense que la suite du voyage est par là. Je crois qu’il s’agit de la géode merveilleuse ».

En m’approchant du bord de la pente, je lance une poignée de sable sur les cristaux pour observer une éventuelle réaction puis, si besoin, un ou deux gravillons pour écouter leur tonalité. Si ça ne semble pas trop risqué, j’envisage de me laisser glisser le long de la pente en m’éclairant à l’aide de ma lanterne.

« Selmy, ou Meritahé, tu me suis et me couvres ? Il y a quand même une grosse bestiole qui traine dans les parages »

La Géode

Songeur, attentif, Rapsody laisse couler entre ses doigts fins le sable blanc de la caverne. Sur une impulsion, il en propulse quelques grains nonchalants sur les structures cristallines en contrebas.

Alors le temps se suspend, et ce n’est qu’après, dans l’espace d’un battement de cœur

~~~~~~~~~~~~~~

manqué,

qu’il comprend.

Cette larme qui lui est venue, ce sentiment vertigineux d’émotion brute qui déborde, lui a été apportée par un son

dont l’écho

perdure encore dans son oreille. La beauté insurpassable de ce que vient d’entendre l’elfe a transi ses sens aussi sûrement que l’éclat brutal d’un soleil roi, observé de face. L’âme du mortel ne peut en appréhender que la silhouette estompée.

Le cœur battant, il ramasse un gravillon en tâtonnant dans le silence opaque laissé par l’évènement. Un geste, et l’éclat de roche brute, roulé par l’eau et les années jusqu’à ce point précis, vient arracher à la paroi de diamant un, deux, trois sons d’une insurpassable beauté. Aussi perçants que le regard d’une amante. Aussi éternels que l’éclat d’une étoile. Trois rebonds absolus qui arrachent aux corps présents des gémissements de stupéfaction devant leurs âmes devenues, Ô ciel, trop grandes pour eux.

Deux respirations plus tard, Rapsody se retourne vers ses compagnons de route. Certains sanglotent tout bas. D’autres regardent dans le vide, stupéfaits, ou rient, bêtement, comme à la naissance de leur premier enfant. Tous s’approchent en tremblant de la pente et observent de toutes leurs oreilles le Silence

qui suit

le miracle.

.

Glissant avec grâce le long de la pente blanche, l’aérien musicien aborde la géode avec l’angoisse du rufian à la Cour de l’Empereur. Si le bruit blanc des graviers crissants de la pente efface le charme qui paralysait les aventuriers, il n’avive que plus leur soif de beauté. C’est dans un demi cercle suspendu qu’ils entourent leur ami musicien, partagés entre la fascination et, pour les plus amers d’entre eux, la crainte évidente du piège. Les armes ne sont pas loin, invitées par réflexe pour protéger l’instant fragile de toute atteinte terrestre.

Les cristaux sont gigantesques. Certains plus grands que deux hommes, et tous parcourus de teintes pourpres, azur, vermillon ou alizarine. Assemblant dans sa tunique une poignée de projectiles, l’elfe se perche en périphérie de la structure, dominant de sa hauteur la formation géologique.

Et dans un instant qui s’étire avec vertiges, le musicien découvre la géométrie sonore du lieu. Les tonalités, les rebonds percussifs, les harmonies…

Le Temps lui même, pour écouter tranquille, s’arrête.


Chaque personnage voit sa Niaque remonter au maximum ! Le groupe gagne 5px et tous les effets négatifs sont annulés (c’est la magie de la première fois, ne comptez pas forcément dessus plus tard 😉

Après un silence assourdissant,  j’invite mes compagnons à me rejoindre. Je suis intimement convaincu qu’ils doivent participer et non être de simples spectateurs. Pour ce faire, je leur choisis soigneusement un gravier chacun et leur confie de même un diapason assorti.

« Laissez vos armes. Prenez ce caillou et ce diapason ; à un instant donné, vous ajouterez votre note à la mélodie , vous ressentirez le moment idéal et les diapasons vous y aideront même si je pense que certains pourraient s’en passer.
Choisissez déjà le cristal sur lequel vous lancerez votre caillou et placez vous face à lui. Faites confiance à votre intuition. »

Quand nous sommes tous en place, je m’installe avec Brînamyne et joue quelques notes pour comprendre l’acoustique de la grotte. Tout en jouant, je lance quelques gravillons pour repérer les notes et les cristaux. Jamais je n’ai connu une telle salle,  une telle perfection dans les échos,  un pareil accompagnement de ma cornemuse.
Les larmes me montent aux yeux, des frissons me parcourent de haut en bas. Chaque note de la Géode provoque des vibrations qui nous remontent jusque dans le coeur et la nuque, les couleurs des cristaux et les sons se répondent.
Quand je sens que la synesthésie nous gagne, j’abandonne Brînamyne pour ne plus jouer qu’avec la Géode .
Maintenant, nous ressentons sa Magie  : chaque gravillon que je lance rebondit encore et encore et déclenche à lui seul une mélodie et toutes s’entremèlent pour nous faire ressentir toutes les émotions possibles de la joie à la mélancolie.
En sus des couleurs et des vibrations, voilà que des parfums et des goûts nous submergent. La musique nous présente le monde dans toute sa variété : un feu pétillant sous le ciel étoilé, les vagues venant mourir sur la plage, le rugissement d’un dragon, le lard frémissant dans la poêle (là, j’ai vu Ladro lancer son caillou)…
Et je perçois la sagesse de Selmy, la ténacité de Galgor, la magie de Ladro, la tristesse de Meritahé dans les mélodies qui sont venus se fondre avec la mienne.

Mais les derniers graviers finissent de rebondir, les parfums s’estompent, les goûts s’effacent, les lueurs des cristaux s’éteignent,  les vibrations disparaissent et les dernières notes nous laissent pantelants de tant de sensations éprouvées.
Combien de temps s’est-il écoulé ?

L’Etranger

Alors que le miracle musical s’estompe, vos têtes continuent de bourdonner de la plus étrange des manières…

Vous voulez dire quelque-chose, et vos mots, avant d’être formulés, sont interrompus par des voix balbutiantes entendues à l’intérieur même de votre crâne. Des mots à demi formés ricochent entre vos deux oreilles, rendant la formulation même d’une pensée malaisée et obscure. Comme si vous parliez dans une salle exigüe et pleine de bruits.

Conscients d’assister à une nouvelle manifestation du pouvoir de la grotte, vous laissez passer un temps, calquant votre respiration les uns sur les autres. Concentrant votre attention sur le flot de pensées déchaînées, vous comprenez peu à peu qu’il s’agit, collectivement, de faire le vide. Vous lâchez prise, observez sans relever les éclats de pensée qui surgissent dans votre champ de perception. Vous les laissez couler, se dissoudre dans une observation sereine et quelque-peu béate…

Alors que vous pensez avoir atteint le degré d’écoute nécessaire à la maîtrise de ce phénomène magique, une voix inconnue résonne fortement en vous, vous faisant relever avec un sursaut !

« Par les entrailles de Vraggor le putride, quel rêve étrange ! Y avait cette musique, qui se changeait en vague gigantesque, et elle devenait un dragon qui m’emmenait sur son dos, et Y me donnait à manger ses cornes (de gazelle), qu’avaient un goût si exquis qu’on aurait dit de la joie comestible, comme quand j’ai abattu mon premier gobelin, et alors y pleuvait de l’or et des pierres précieuses, et j’creusais, creusais, créusais jusqu’au cent’ du monde, y avait des êtres étonnants et toute ma famille me retrouvait, et y m’offraient une arme somptueuse, une dague j’crois, et j’étais si heureuse que j’en pleurais des papillons; alors on rentrait le long d’un chemin en paix, parmi les champs et j’étais, étrangement, satisfaite de ce retour au calme… au calme, au calme… quelle est donc cette voix étrangère ? Ah, non, c’est la mienne, heu, la notre ?

Quelle notre ? »

Émergeant de derrière un cristal volumineux, une petite humanoïde aux cheveux en bataille émerge d’une couverture telle un rongeur déboussolé.

Vous voyez une hobbitte émerger tout à la fois de ladite couverture, d’un profond sommeil et d’une anfractuosité que vous n’aviez pas déceler, étant tout à la fois concentrés et absorbés par votre expérience musicale. Elle n’a pas l’air de vous considérer comme une menace hostile vu qu’elle commence tranquillement la première et traditionnelle collation pré-petit déjeuner. Vous ne pouvez vous empêcher de remarquer son armure burinée, son épée (ce qui est plutôt attendu en ce genre d’endroit) mais aussi ses chaussures ???

Vos pensées fusent, de nouveaux déchaînées, et il apparaît rapidement que la nouvelle venue n’est pas un danger immédiat. En quelques clignements d’yeux elle vous relate son périple :

« Salut la compagnie, dit-elle après avoir noué ses cheveux ébouriffés, z’êtes perdus ? Z’avez besoin d’aide pour sortir et vous en sortir ? J’peux vous rendre service puisque vous m’avez joué une berceuse. J’ai pas très bien dormi c’te nuit mais ça m’a fait un bien fou. Merci. Ca m’a mis de bonne humeur et rappelé d’bons souv’nirs.

Mois, j’suis pas musicienne. Tout c’dont je sais jouer, c’est d’mon épée. C’d’ailleurs pour ça que j’suis là. Visiblement, y aurait 4 guerriers Grinvolts qui s’sont faits avoir comme des bleus par une espèce de reptile. J’me suis dit qu’y aurait pt’ête des trucs à récupérer au niveau montures et bardas. J’suis un peu à court depuis qu’j’ai débarqué. C’pas que j’saurais pas m’en arranger de la bestiole. J’ai d’jà vu pire quand je bourlingais au large mais puisque z’êtes là, alors pourquoi pas. Y en a parmi vous qu’ont l’air d’savoir par quel bout on tient une lame… J’comptais la prendre au débotté après une bonne nuit de repos. C’est pt’ête pour ça que j’ai pas bien dormi à la réflexion… ça, et le fait de dormir autrement que bercée par le roulis . J’aime pas le renfermé mais bon, quand on peut pas faire autrement… Et puis, ces reptiles, c’est le genre de saletés que j’aime encore moins ».

Au bout d’un temps indéterminé, les trois semi-hommes font, en guise d’alliance, ce qu’ils savent le mieux faire : préparer un repas ! En moins de temps qu’il n’en faut pour le penser, les bouteilles et les pains de route sont sortis, les nappes déployées et les écuelles remplies. Pour un peu, on oublierait que vous êtes au fin fond de boyaux obscurs, et que le titre de cet article ne mentionne pas une étrangère mais bien un étranger

« Ohé ? Ohé, vous êtes toujours là ? »

Crissant sur vos tympans comme une rape rouillée sur une ardoise stridente, la voix vous rappelle à l’étrange réalité : des heures ont passé depuis que vous avez proféré votre dernière parole à voix haute !

Ces souterrains sont décidément plus remplis qu’ils ne le paraissent… Quelques pas circonspects vous ouvrent la perspective d’un renfoncement dissimulé derrière la Géode, ou semble se tapir un homme répugnant, aux cheveux longs et à la barbe sale. Il lève un bras pour se protéger de la lumière de vos torches et éructe avec une voix qui n’a plus l’habitude de servir :

« Ah vous voilà ! Il me semblait que j’entendais quelque-chose ! Est-ce que vous êtes venus pour me sortir de là ? Vous avez terrassé le vilain sorcier ? »

Que faites-vous ?

Salut vieil homme ! Comment te nommes-tu ? Comment es-tu arrivé céans et depuis combien de temps ? Et quel est ce vilain magicien dont tu nous parles ?

Rapsody Discerne la Réalité : 8 ! Je réponds à une question parmi les suivantes :

  • Que s’est-il passé ici récemment ?
  • Que va-t-il se passer ?
  • A quoi dois-je être attentif ?
  • Qu’est-ce qui pourrait m’être utile ou précieux ici ?
  • Qui est vraiment maître de la situation ici ?
  • Qu’est-ce qui n’est pas ce qu’il paraît être ici ?

Le vieil homme se dresse, tremblant, face à Rapsody. Il est voûté et rachitique, et rien, à proximité, ne semble indiquer qu’il aie eu quoi que ce soit à manger. En réalité la caverne est d’un dénuement étrange. Pas de meuble, pas d’objet, ni de fenêtre, rien que cet humain en haillons. L’autre élément intriguant, note Selmy en son for intérieur, est que rien non plus ne semble le retenir dans cette caverne. Pas de chaîne, pas de lien ni de porte ne le retiennent. Rapsody, alerté par ses sens de fée, se méfie : pas sûr que ce vieillard soit vraiment ce qu’il paraît être…

« Le vilain Sorcier ? Eh bien, Bethelan pardi ! Il me semble qu’il y a des lustres qu’il ne m’a pas rendu visite, mais pour sûr, ma captivité m’a ôté le sens du temps, ça c’est peu dire ! Il m’a jeté une saloperie de mauvais sort, qui fait que je défaille dès que je m’approche un peu trop de ces drôles de cristals, là. J’peux pas sortir ! Mouhouhou, beuwah…. Aidez moi ! Je srai gentil ! Vous voyez qui c’est, tout de même, ce Bethelan ? »