Songeur, attentif, Rapsody laisse couler entre ses doigts fins le sable blanc de la caverne. Sur une impulsion, il en propulse quelques grains nonchalants sur les structures cristallines en contrebas.
Alors le temps se suspend, et ce n’est qu’après, dans l’espace d’un battement de cœur
~~~~~~~~~~~~~~
manqué,
qu’il comprend.
Cette larme qui lui est venue, ce sentiment vertigineux d’émotion brute qui déborde, lui a été apportée par un son
dont l’écho
perdure encore dans son oreille. La beauté insurpassable de ce que vient d’entendre l’elfe a transi ses sens aussi sûrement que l’éclat brutal d’un soleil roi, observé de face. L’âme du mortel ne peut en appréhender que la silhouette estompée.
Le cœur battant, il ramasse un gravillon en tâtonnant dans le silence opaque laissé par l’évènement. Un geste, et l’éclat de roche brute, roulé par l’eau et les années jusqu’à ce point précis, vient arracher à la paroi de diamant un, deux, trois sons d’une insurpassable beauté. Aussi perçants que le regard d’une amante. Aussi éternels que l’éclat d’une étoile. Trois rebonds absolus qui arrachent aux corps présents des gémissements de stupéfaction devant leurs âmes devenues, Ô ciel, trop grandes pour eux.
Deux respirations plus tard, Rapsody se retourne vers ses compagnons de route. Certains sanglotent tout bas. D’autres regardent dans le vide, stupéfaits, ou rient, bêtement, comme à la naissance de leur premier enfant. Tous s’approchent en tremblant de la pente et observent de toutes leurs oreilles le Silence
qui suit
le miracle.
.
Glissant avec grâce le long de la pente blanche, l’aérien musicien aborde la géode avec l’angoisse du rufian à la Cour de l’Empereur. Si le bruit blanc des graviers crissants de la pente efface le charme qui paralysait les aventuriers, il n’avive que plus leur soif de beauté. C’est dans un demi cercle suspendu qu’ils entourent leur ami musicien, partagés entre la fascination et, pour les plus amers d’entre eux, la crainte évidente du piège. Les armes ne sont pas loin, invitées par réflexe pour protéger l’instant fragile de toute atteinte terrestre.
Les cristaux sont gigantesques. Certains plus grands que deux hommes, et tous parcourus de teintes pourpres, azur, vermillon ou alizarine. Assemblant dans sa tunique une poignée de projectiles, l’elfe se perche en périphérie de la structure, dominant de sa hauteur la formation géologique.
Et dans un instant qui s’étire avec vertiges, le musicien découvre la géométrie sonore du lieu. Les tonalités, les rebonds percussifs, les harmonies…
Le Temps lui même, pour écouter tranquille, s’arrête.
Chaque personnage voit sa Niaque remonter au maximum ! Le groupe gagne 5px et tous les effets négatifs sont annulés (c’est la magie de la première fois, ne comptez pas forcément dessus plus tard 😉
